green trees on forest during daytime

Comment naît une collection dans ma tête

Un fouillis organisé

10/3/20267 min read

person wearing brown pants and white and red sneakers
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Comment naît une collection dans ma tête

Il suffit parfois de très peu pour qu’une idée commence à tourner dans ma tête.

Une couleur aperçue quelque part. Une photo. Un détail sur un objet. Une ambiance. Une association de matières. Ou simplement un mot.

À la base, cet article devait parler de la collection automne.

Sauf que mes perles ne sont toujours pas parties.

À ce stade-là, j’ai décidé d’arrêter de courir derrière une saison qui sera presque terminée au moment où j’aurai enfin tout reçu.

Donc l’automne attendra l’année prochaine.

Et moi, je passe directement à Noël.

Oui, on saute une saison.

Je commence par regarder absolument tout

Quand je commence à réfléchir à une collection, je vais souvent sur les sites de mes fournisseurs.

Pas forcément pour acheter immédiatement.

D’abord, je regarde.

Beaucoup.

Je passe d’une catégorie à l’autre, je regarde les couleurs, les formes, les matières, les petites pièces auxquelles je n’aurais pas forcément pensé toute seule.

Je regarde aussi sur Pinterest.

Des ambiances.

Des associations de couleurs.

Des décorations.

Des matières.

Des formes.

Parfois, il suffit juste d’un petit détail pour compléter une idée qui était déjà quelque part dans ma tête.

Et forcément, mon cerveau commence à travailler.

Un élément me fait penser à une suspension.

Une couleur me donne une idée pour une chaîne.

Une image peut débloquer quelque chose auquel je réfléchissais depuis plusieurs jours.

Une forme peut me rappeler une pièce que j’ai déjà dans mes placards.

Parfois, je ne sais même pas encore exactement ce que je veux faire.

Je regarde simplement ce qui existe pour mettre des idées dans ma tête.

Et ensuite, généralement, ça part dans tous les sens.

Mes croquis sont surtout là pour ne rien oublier

Quand on parle de processus créatif, on imagine facilement de beaux carnets remplis de dessins propres, soignés, avec des lignes parfaites et des annotations bien placées.

Chez moi, pas vraiment.

Mes premiers croquis ressemblent souvent à des patates dessinées en appuyant beaucoup trop fort sur le crayon.

Rien n’est droit, encore moins symétrique, et parfois il faut un peu d’imagination pour comprendre ce que j’avais voulu représenter.

Mais à ce moment-là, ce n’est pas important.

Le but, c’est simplement de poser l’idée quelque part avant de l’oublier.

Je dessine rapidement la forme générale et j’ajoute tout ce qui me passe par la tête autour : couleurs, matériaux, tailles, éléments à prévoir, manière de les assembler…

Rosée suspendue, par exemple, était seulement le deuxième croquis de mon carnet.

Et pourtant, il m’a tout de suite sauté aux yeux.

Je voulais un côté cascade, avec des perles tombantes, et de l’autre quelque chose de beaucoup plus végétal, avec les chaînes interchangeables fleuries.

Au-dessus, je voulais carrément créer un petit paysage : de la mousse, des cailloux pour faire des rochers, quelques petits vases et des fleurs.

L’idée était d’avoir quelque chose d’un peu sauvage, très nature, presque « mère nature ».

À ce stade-là, je savais à peu près ce que je voulais voir.

Pas forcément comment j’allais réussir à le fabriquer.

Ensuite, quand une idée passe le premier tri, je la reprends plus sérieusement.

Chaque produit finit généralement par avoir sa propre page, parfois plusieurs, avec des dessins plus précis et davantage de détails.

Mais même là, je ne cherche pas à faire une œuvre d’art.

Ces dessins vont me servir de base, et je sais déjà qu’ils risquent de changer dès que je commencerai à fabriquer.

Et Rosée suspendue en est justement un très bon exemple. C’est aussi l’une des créations que je trouve les plus réussies, justement parce qu’elle a beaucoup évolué entre le premier croquis et la pièce finale.

Puis vient le tri… et la réalité

Une fois que j’ai toutes mes idées devant moi, je commence à regarder ce qui est réellement faisable.

Est-ce que l’assemblage va tenir ?

Est-ce que les proportions vont fonctionner ?

Est-ce que j’ai les bons matériaux ?

Et surtout : qu’est-ce que j’ai déjà, et qu’est-ce qu’il va falloir racheter ?

Certaines idées remontent vite dans la liste parce que j’ai presque tout ce qu’il faut.

Pour d’autres, il manque une perle, une fixation, une couleur ou parfois tellement de choses que l’idée retourne simplement dans le carnet.

Pas forcément pour toujours.

Juste pour plus tard.

Mais même quand une idée passe ce tri, ça ne veut pas dire que tout va fonctionner exactement comme prévu.

Avec Rosée suspendue, par exemple, une fois le mobile commencé, je me suis rendu compte que le côté végétal paraissait vide.

La cascade argentée avait beaucoup de présence et l’autre côté manquait d’équilibre.

La solution ne m’est pas venue tout de suite.

C’est bien après avoir commencé la pièce que j’ai ajouté des vignes du côté verdure.

Et là, ça fonctionnait beaucoup mieux.

C’est exactement le genre de chose qu’un dessin ne me permet pas toujours d’anticiper.

Les petits détails qui prennent parfois le plus de temps

Au départ, l’anneau de Rosée suspendue était resté en bois clair.

Mais une fois l’ensemble commencé, ça ne faisait pas assez forêt à mon goût.

Je l’ai donc lasuré.

Puis il y a eu les cailloux.

Et là, j’ai cherché.

Looooongtemps.

Je voulais la bonne couleur, la bonne taille, plusieurs tailles différentes, et surtout quelque chose qui ne soit pas soluble.

Je les ai finalement trouvés à la toute fin, quand il ne manquait presque plus que ça.

C’est aussi ça, créer.

Parfois, on sait exactement ce qu’on veut, mais on ne le trouve ni sur internet ni en magasin.

Alors on laisse de côté.

On cherche autre chose.

On revient dessus plus tard.

Et parfois, le bon élément finit enfin par apparaître.

Et puis il faut réussir à assembler tout ça

Il y a aussi une chose que mes premiers croquis ont tendance à oublier :

comment je vais faire tenir tout ça ensemble.

Pour Rosée suspendue, j’avais dessiné les chaînes et les perles.

Très bien.

Mais à aucun moment je ne m’étais vraiment demandé comment j’allais les relier.

Mes anneaux de jonction étaient trop petits pour passer dans certaines perles et les refermer sans les tordre.

Donc il a fallu improviser.

J’ai utilisé de plus grands anneaux de jonction et du fil nylon.

Et pour le fil nylon, c’est finalement mon père avec son fil de pêche qui m’a sortie de l’impasse.

Sauf qu’évidemment, ça n’allait pas être aussi simple.

Le nœud du fil nylon se voyait sous la perle.

Donc nouveau problème : comment le cacher sans que ça fasse bricolage de dernière minute ?

Après quelques nœuds au cerveau, j’ai fini par trouver une solution.

Comme quoi, parfois, résoudre un problème consiste surtout à en créer un autre juste après.

Et bien sûr, une fois celui-là réglé, il en fallait encore un autre.

J’avais une perle dont le trou était plus large que la chaîne.

Résultat : elle glissait directement dessus.

Encore quelque chose que je n’avais absolument pas prévu.

On commence en se disant :

« J’ai l’idée, j’ai le dessin, j’ai les matériaux. Il n’y a plus qu’à. »

Et puis paf.

Ça ne rentre pas.

Ça glisse.

Ça penche.

Ça paraît vide.

Le nœud se voit.

La couleur ne va pas.

Il manque quelque chose.

Et au final, une bonne partie du travail consiste simplement à résoudre tous ces petits problèmes au fur et à mesure.

Et parfois, le colis change tout

Même quand tout semble parfaitement prévu, il reste toujours une inconnue :

ce qui va réellement arriver dans le colis.

Parce qu’une photo sur internet et l’objet qu’on reçoit, ce n’est pas toujours exactement la même chose.

Une couleur peut être différente.

La taille peut surprendre.

Une perle peut être beaucoup plus jolie que prévu.

Ou beaucoup moins.

Et là, il faut encore adapter.

C’est aussi pour ça que mes collections ne sont jamais complètement figées avant la fabrication.

J’ai une direction, des dessins, une idée assez précise de l’ensemble.

Mais la pièce finale se construit aussi avec ce que j’ai réellement entre les mains et avec les solutions que je trouve en cours de route.

Et maintenant… Noël

Pour l’automne, j’avais déjà beaucoup d’idées.

Les feuilles qui changent de couleur, les sous-bois, les petits animaux, les citrouilles, les balades en forêt, le chocolat chaud sous un plaid…

Mais cette collection attendra finalement l’année prochaine.

Au moins, cette fois, j’aurai de l’avance.

Mon cerveau est donc passé en mode Noël.

Les premières idées commencent déjà à arriver, les pages du carnet se remplissent, et je sens que certaines vont rapidement prendre le dessus sur les autres.

Il ne reste plus qu’à voir lesquelles arriveront vraiment jusqu’à l’atelier.

Et, si possible, avant le 25 décembre.

À la semaine prochaine.

Prenez soin de vous.